Mercredi 16 avril 2008

L'ancien champion olympique et recordman du monde du 100 m est cité dans une affaire de dopage. Bien sûr il nie.
Après Jones, Montgomery, Chambers, Gatlin et les autres, on part forcément avec un à priori. Le peu de crédibilité qui reste au sprint s’évapore définitivement avec les soupçons qui pèsent sur cette vedette de l'athlé. Passé à travers les mailles du système durant une décennie, Green peut très bien sortir blanchi de cette affaire. A l'image de Lance Armstrong, les doutes sont énormes, mais sans preuve, lui aussi pourra balancer sur Gérard Holtz dans un talkshow s'il s'en sort. Le profil de celui qui l’accuse, un ancien fournisseur de produits dopants qui essaie d’échapper lui-même à la justice en jouant les indics, est tout sauf reluisant, et ses révélations doivent donc être prises avec des pincettes. N’empêche… Maurice Greene, qui s’est toujours autoproclamé comme le « Monsieur Propre » de l’athlétisme américain, baigne aujourd’hui dans un parfum de scandale après des révélations du New York Times. Pourtant il n’a jamais été contrôlé positif au cours de sa carrière et vient d’être désigné "ambassadeur "par la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF). Ca la fout mal.
Chili, con, carnet
L’ex-sprinteur, champion olympique (2000), du monde (1997, 1999, 2001) et ancien recordman du monde du 100 m serait donc impliqué dans une affaire de dopage et interrogé par les enquêteurs fédéraux américains. D’après le quotidien, Greene aurait été cité parmi une douzaine d’athlètes par Angel Guillermo Heredia, un ancien discobole mexicain et fournisseur de produits dopants. Celui là meme qui témoignera bientôt dans le procès qui attend Trevor Graham, l’ancien entraîneur de Marion Jones, Tim Montgomery et Justin Gatlin, notamment. Heredia prétend avoir eu Greene comme "client" au même titre que d’autres sportifs, ayant récolté ensemble 26 médailles olympiques et 21 médailles mondiales, dont il avait accès au dossier médical et à qui il suggérait des régimes dopants. Beau palmarès ! Parmi lesquels, également, Jones, aujourd’hui en prison pour parjure dans le cadre de l’affaire Balco… Heredia affirme que Greene lui aurait payé environ 40.000 dollars pour être fourni en stéroïdes, stimulants, insuline et EPO en 2003 et 2004 pour revenir à un niveau qu’il avait perdu depuis 2002.
Thierry de Naïf
Le New York Times dit avoir vu les preuves d’un virement de 10.000 dollars de Greene à Heredia. Mais l'ex-sprinter, officiellement retraité depuis février, a démenti être lié d’une manière ou l’autre à un scandale de dopage mais reconnaît se retrouver « dans une situation très embarrassante. Mon nom a été évoqué dans une affaire et il n’y a rien de vrai ». Greene admet quand même avoir rencontré Heredia, « comme beaucoup d’autres personnes qui voulaient me faire essayer l’une ou l’autre substance. Je lui ai dit que je ne croyais pas en ses produits et je n’ai jamais rien pris. J’ai toujours dit qu’il n’y avait pas de place pour les dopés dans notre sport ». Il n’a pu cependant démentir l’existence du virement. Il l’a expliqué malicieusement par sa générosité car il lui arrivait de payer, sans savoir de quoi il s’agissait. « Notre groupe était très soudé et il m’arrivait de payer sans poser de questions ; je l’ai fait plusieurs fois. ». Une argumentation pour le moins farfelue qu’il compte bien étayer dans les prochains jours à l’aide de ses avocats. Un nom de plus à une liste déjà trop longue ...

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