(Edito) En cette période faste pour les pompes funèbres, comment ne pas créer une rubrique morbide dédiée aux légendes du passé. Sale printemps.
Suite au décès de son ex-équipier Valentino Fois (ajouté à ceux de Moretti, Blachon et Custic cette semaine), nous vous proposons le destin du petit grimpeur italien, mort précipitamment, rattrapé par les problèmes de dopage … De quoi faire pâlir de jalousie les soigneurs de la Juve.
De petit gabarit Marco Pantani a lancé des vocations. Son style élégant et inimitable, très efficace, contrastait forcément avec nos coureurs tricolores tels que les frères Auger. Offensif comme
Pablo Correa fait défendre son équipe, « Elefantino » (en raison de ses oreilles décollées) a durant 10 ans déployé tout son talent sur
les cols alpestres notamment. Seulement le Pirate des Carrera n’a pas eu un palmarès à la hauteur de son talent, ce qui pourrait se dire sur Gasquet sous réserve. La faute à des chutes, une
équipe minable et des coéquipiers dignes de ceux de Jean Delatour dans leurs meilleures heures. A l’image de Gueye à Metz, Pantani s’est shooté pour oublier la misère de son entourage et les
tocards qui lui servaient d’équipiers.
Si seulement Nicolas Portal élu meilleur porteur de bidon par le mobilisé Gérard Holtz avait pu être à la Mercatone Uno …
Agence tout Riis
Lentement, le grimpeur s’est éteint, jusqu’à gagner autant que les coureurs de la Française des Jeux réunis. Mais
Guesdon n’est pas qui veut, être mauvais se cultive. Pourtant Pantani a été le meilleur grimpeur du monde durant les années 98 et 99. S’il avait démontré qu’il était fort en étant 3e
du Tour en 94 et des Mondiaux 95 derrière le survitaminé Olano, en Colombie(ironie du sort), son doublé Giro - Grande Boucle en 98 l’a propulsé au rang de prodige. Fait marquant ce fut la
première fois qu’Ullrich se mit en danseuse : 9 minutes dans la vue et le jour le plus ridiculisant pour l’allemand si l’on excepte sa chiasse mémorable dans les Pyrénées en 2003. Alors
Pantani semblait représenter « le renouveau du cyclisme » (comme l’aime à rappeler Prudhomme, sosie officiel de Riis) suite à une année tourmentée par Willy Voet. Aussi visionnaires que
jeunes les membres de l’UCI annonçaient un sport propre. En effet, leader du Giro 99, Elefantino se fait exclure la veille de l’arrivée pour taux d’hématocrite trop élevé !
Elisabeth Teissier n’a pas trop de souci à se faire …
De Rimini à « maxi – coke »
Une descente aux enfers commence alors pour le pirate malgré un
come-back retentissant en 2000 semblable à celui de Papin à Guingamp. Deux étapes du Tour de France réveillant chez Armstrong une douleur à la prostate et puis s’en va. Car de rechute en piqûre,
Pantani n’est plus que l’ombre de lui-même et sombre dans la dépression en même temps que Mauresmo vers la retraite. Isolé, le natif de Rimini va se réfugier dans une chambre d’hôtel afin d’y
consommer sa drogue à l’abri des regards. Notons que sa dépendance à l'époque était un secret de polichinelle aussi méconnu, par les journalistes italiens, que les jeux de rôles de
Mosley aujourd’hui. Ainsi le 14 février 2004, Marco s’en est allé fêter les amoureux sur un dernier sniffage et succomba des suites d’un œdème cérébral et pulmonaire. Sa
sensibilité et sa fragilité auront pris le dessus.
Pendant ce temps Laurent Roux poursuivait sa quête aux amphétamines ...

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