Laurent Roux est trop méconnu aux yeux du grand public. Sans doute méritait-il plus d’égard au vu de sa volonté à contribuer au système pourri sous-jacent du cyclisme.
Ses décolorations en faisaient déjà un suspect évident ! Mais encore une fois le candide Jean-Marie Leblanc est tombé dans le panneau, à moins qu’il ait fait preuve de la même mauvaise fois
que sur le cas Armstrong. Ce dernier d’ailleurs, devenu septuple vainqueur du Tour après son cancer alors qu’auparavant il n’en avait terminé qu’un sur quatre … et à la 36e place. Roux
lui, ne valait guère mieux que les frères Auger réunis, mais sa curiosité pour la science finira par payer. En 96, tout s’enchaîne, le natif de Cahors s’engage chez TVM. Une équipe irréprochable,
en témoigne son exclusion en 98 après Festina. Mais pendant 2 ans, à l’instar de son ami Pascal Hervé, il fera preuve d’une grande maîtrise du dosage en poudre. Durant son épopée hollandaise,
Roux va s’offrir quelques courses dont il aurait été incapable de voir l’arrivée. Blijlevens
aussi quand il ne frappait pas Bobby Julich.
La quête aux amphèt’
Gégé avait beau clamer en suédois sa mobilisation, les myopathes n’ont pas le monopole des progrès de la science. Roux le savait lui. Ainsi le prouve un palmarès aussi fourni en peu de temps que
le crâne de Balbir. Classique des Alpes, Tour de l’Avenir et surtout une étape du Tour d’Italie qui lui permettra de revêtir le maillot rose. Certes seulement une journée, mais cette couleur
lui allait si bien lors de ses sorties nocturnes… Néanmoins tout a une fin : alors qu’il ne semblait plus à l’apogée de sa carrière, Laurent se fera choper bêtement en 2003. Dopage aux
amphétamines qui concrétise un passé bien rempli comme son sang. Les ann-hématocrites terminées, Roux rangeait donc son vélo près de sa précieuse garde-robe. Pas rassasié, le multirécidiviste
s’offrira un dernier baroud d’honneur. Et en famille. Son frère Fabien, et lui sont inculpés dès 2005 en tant que revendeurs de produits dopants à la suite d’une enquête de justice dans le milieu
amateur. Cette fois-ci, en bon nigaud il écopera d’une peine de 2 ans et demi de prison. Une histoire de « pots belges » risible et lamentable où même Vandenbroucke ne se serait pas
aventuré.
D'autres cyclistes tentent de s’engouffrer dans la brèche. Et se pose l'épineuse question de la reconversion des cyclistes professionnels. A l'évidence, le cadet des soucis de l'UCI et de son
"ambitieuse" réforme du Pro Tour.
par Thomas Bouteille
publié dans :
Cyclisme
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Pat McQuaid continue à combattre le dopage, cette fois-ci en s’opposant à la présence de Frank Vandenbroucke
dans le peloton du Pro-Tour. Après sa colère à l’encontre d’Eric Boyer, on est désormais certain que l’Irlandais n’empruntera pas chez Cofidis.
Blague à part, depuis 2001 VDB n’est plus vraiment un coureur cycliste, en attestent ses performances… A peine 3
victoires contre 51 entre 1994 et 2000 et une carrière qui connut son apogée en 99 lors de Liège-Bastogne-Liège. Alors qu’est-ci QI cloche chez ce garçon depuis ce point culminant ? Les
histoires belges interminables de son grand pote amnésique Nico Mattan ?
Pas seulement, et on peut s’interroger, en plus du slogan, sur le crédit de Cofidis : Julich, Rineiro, Rutkiewicz, Gaumont, Sassone, Clain, Millar, Lelli ou Moreni. Neuf coureurs assez chargés pour attiser la convoitise de Johan Brujneel. Pourtant, lorsque VDB est suspecté de dopage pour son
lien avec Bernard Sainz, son équipe le licencie sans remords en 99. Madiot s’en tire presque bien à côté lorsqu’il refuse d’avouer la médiocrité de ses coureurs au trèfle fané. Pendant
ce temps « Docteur Mabuse » éclipsait enfin ses homonymes Manolo et Carlos et leurs accents insupportables.
« Je veux encore courir pendant quelques années. Je peux encore gagner le Tour de France. En théorie, c'est possible, je n'ai pas l'impression d'avoir 33 ans quand je suis sur le
vélo. »
La lucidité n’est pas son fort, mais Vandenbroucke aurait dû devenir un champion. En 2002, de nombreux produits prohibés (dont EPO et morphine), sont découverts à son domicile. Durant son
interrogatoire, sans se démonter il prétend que le clenbuterol était destiné à son chien. Raimondas Rumsas n’aurait pas fait mieux.
Comme la « Squadra Azzura », le belge va errer pendant 4 ans…. Mais lui ne se relèvera pas du coup de boule. En juillet 2006, il est contraint de démissionner par son équipe Unibet.com.
Bien décidé à refaire parler de lui dans la chronique du divin Jean-René Godard il présente une fausse licence au nom de "Francesco Del Ponte" lors d’une épreuve cyclosportive italienne munie
d'une photo de Tom Boonen. Mauvaise pioche, il aurait pu choisir Carrière. Et aujourd’hui, VDB paye encore son passé
et ses décolorations. Encore qu'il n’avoue qu'à moitié ses fautes : un affront pour Laurent Roux. L’UCI n’accorderait la Wild Card à son team Mitsubishi-Jartazi qu’à la condition
où il serait écarté. Sacré dilemme pour cette équipe estonienne. Mais par essence elle saura faire le bon choix même s’il s’avère tardif. Kirsipuu a enfin pris sa retraite à 37 ans après
tout…
Compte tenu de son niveau actuel, VDB aurait sans doute beaucoup de mal à faire bonne figure dans une épreuve du Pro-Tour.
C’est le cas également de la sélection belge des « Diables Rouges », hier, battue 4-1 à domicile par le Maroc. Les nostalgiques regretteraient déjà le génie de Marc
Wilmots.
par Thomas Bouteille
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