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On lui promettait
l'enfer du Nord. Non pas un séjour chez Gervais Martel mais Fabian Cancellara s'adjuge avec la manière la 108e édition du Paris-Roubaix. Déjà vainqueur en solitaire du Tour des Flandres le
week-end dernier, Fabian Cancellara a récidivé en écrasant tous ses adversaires dès la borne des 50 derniers kilomètres du vélodrome. Auteur du neuvième doublé de l'histoire, Spartacus a devancé
de 2 minutes le Norvégien Thor Hushovd et l'Espagnol Juan-Antonio Flecha. Trop fort le p'tit Suisse !
Depuis 15 jours, il y a lui et les autres. Impressionnant, imbattable, intouchable, invincible, invulnérable. Ne cherchez plus, les superlatifs commencent à manquer … Fabian Cancellara n'en finit plus d'épater. Le champion suisse et de Suisse accumule les titres et les exploits. Après la classique belge, il a enlevé de façon magistrale son deuxième Paris-Roubaix. Le Bernois a déclassé la concurrence. Tom Boonen en tête. De nouveau au programme du jour, le bras de fer entre Spartacus et le champion du Belgique, qui chassait le record de victoire de Roger de Vlaeminck (1972, 1974, 1975, 1977), n'aura duré qu'une quinzaine de kilomètres. Guère plus. Le Belge fut incapable de suivre le rythme de la fusée helvète. Au delà de sa force et de sa puissance, Spartacus a imposé sa classe et sa science de la course. Une victoire parfaite en somme. Historique aussi. Après le Grand Prix E3 et le Tour des Flandres, Cancellara a donc validé son incroyable triptyque par cet exceptionnel numéro en solo. Presque une formalité pour le triple champion du monde du contre-la-montre (2006, 2007, 2009) qui, le vent dans le nez, a avalé les pavés nordistes avec une insolente facilité.
L'amour du Riis
Cette nouvelle ligne à son prestigieux palmarès fait entrer Cancellara un peu plus dans la légende. Ses victoires en deviennent presque banales. Mais enchaîner un succès sur les pavés du Nord après un triomphe dans les monts flandriens relève bel et bien de l'exceptionnel. Ces épreuves sont aussi mythiques que difficiles. Or on peut se demander si le Suisse n'est-il trop fort? Certainement pour ses adversaires. Pour quelques observateurs, un peu aussi. Pour certains, il suscite autant l'admiration que l'étonnement. Ses fréquentations médicales passées attisent les doutes. Il y a peut-être de quoi… Mais, maintenant, on a l'impression que le prodige possède des qualités hors normes, qu'il exploite toujours mieux. A le voir souffrir sur sa machine, les questions ont tendance à s'estomper. Une démonstration qui laissait ce grand gaillard sans voix et en pleurs à l'arrivée. Bluffé par les questions insipids de Gérard Holtz ou par sa propre performance ? En tout cas cette dernière l'installe dans le gotha des forçats de la route, ces champions qui bravent le pavé comme d'autres vont à la mine.
En attendant, le Domenech Show est soumis à l'avis du public. Nous y reviendrons.
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