Après plus de dix ans de disette au Vélodrome devant Lyon en Championnat, Marseille a enfin fait chuter le champion de France, victime du rythme des Phocéens. Sans revenir sur l'arbitrage
pourri et le score flatteur, l'équipe de Gerets a semblé au-dessus de Lyonnais bien nonchalants.
Doublement sous pression, à l'égard de son statut surrévalué de concurrent potentiel de Lyon dans la course au titre ajouté à la victoire de Nancy devant une équipe parisienne
(1-0) inconstante et condamnée encore plus à se battre pour le maintien, l’OM prenait le match par le bon bout. Et Ziani retrouvait une place qu'il affectionne, tout près de la couverture de Zenden
sur le banc. Agressif, concentré, en mouvement : Marseille ne laissait pas Lyon respirer davantage que Robert-Louis Dreyfus. Dans un schéma 4-2-3-1, où Akalé le gaucher devenait enfin crédible, la
défense des Gones fut fortement malmenée.
Fébrile et privé de Cris, le champion de France payait cash (comme Aulas) l’envie marseillaise et la titularisation de Grosso-modo en deux
minutes de folie. Alerté par Nasri, fait rare Cissé réussissait d'abord son contôle et expédiait un tir canon déclenché à l'arrêt contre lequel Coupet ne pouvait rien (1-0, 26'). Puis
le même Cissé s’arrachait à terre pour donner le ballon à Niang qui, devançant Clerc, plongeait les foules dans la même hystérie qu'une volée de Marc Libbra en 95 (2-0, 28'). Lyon, il est
vrai, avait été contraint à une réorganisation totale, après la perte sur blessures de deux éléments essentiels : Toulalan remplacé par Källström car touché par Nasri et craignant pour ses
ligaments, puis Fred dont Cana ratissait le mollet et à qui succédait Ben Arfa. Néanmoins les hommes de Perrin ne nous avaient pas habitués à telle passivité. Les "visirs" avaient changé de côté
apparemment.
Grâce à la tête de Cana à la lutte avec Boumsong et donc la réduction du score (2-1, 45+ 1). Le mouvement apporté par l'indispensable Ben Arfa (sauf pour Perrin) manquait de générer l'égalisation
au retour de la pause sans l'intervention d'un Mandanda impeccable. Le coup de grâce pour Lyon vint peu après. Sur un corner de Cheyrou, Niang sautait en effet plus haut que
Källström cloué au sol tel Mosley, et inscrit son 15e but et son deuxième doublé contre Lyon de la saison (3-1, 53'). Dommage toutefois que le Sénégalais n'ait pas grande connaissance du
football. Aujourd'hui il compare Lyon à Metz. Fred Meyrieu en 98 l'avait devancé en son temps, avec le même retentissement médiatique. Kader Keita n'était pas en reste non plus pour provoquer, mais
sur le terrain. Sa frappe en pivot suivie des multiples slaloms de Ben Arfa semaient la panique dans le camp Marseillais, avant que Mandanda n’écoeure successivement Källström, frappeur des 35 m,
puis Govou, dans un face-à-face qui rappelait les batailles du match aller... Le jeune international a marqué des points par-rapport à Coupet hier soir, même si la hiérarchie en EDF semble tracée
d'avance. Le tout sous les yeux de Domenech, constatant au passage que le football français offre parfois du spectacle haut de gamme. L'occasion aussi pour lui de voir que les
perdants arboraient un sourire insultant pour ses supporters. On n'avait plus vu ça depuis Dhorasoo un soir de finale perdue lors de la Ligue des Champions 2005... Sinon,
l
e duel à distance entre Nancéiens et Marseillais demeure toujours aussi indécis que les sorties de Landreau.
Depuis quelques matchs, l'OM retrouve toute son efficacité. Une bonne nouvelle pour Gerets qui peut peloter plus fréquemment ses joueurs après
chaque but.
par Thomas Bouteille
publié dans :
Football
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